Deux jours dans le Nord (de la France) #1

Lundi dernier, après une chouette soirée + nuit + matinée à Paris avec des copains, je suis partie à Dunkerque pour quelques jours chez mon papa & Chantal.

Le temps d’aller chez le coiffeur, je retourne à la gare pour accueillir l’amoureux. Deux mois ½ que nous ne nous étions pas vus. Attendre sur le quai et le chercher parmi les voyageurs qui descendent, mon attrait pour les trains et les gares, un ciel un peu gris et une lumière de fin de journée, et mon romantisme au sens premier du terme : puis-je oser qualifier ce moment de « cinématographique » ?

La soirée fut agréable : un bon vin, un moment à cuisiner, des retrouvailles, des discussions, et une ambiance joyeuse qui s’est répétée le lendemain et le surlendemain.

Mais venons-en aux visites des environs.

Mardi, déjeuner au Grand Morien, place Jean Bart à Dunkerque, un resto que nous aimons beaucoup. Ambiance brasserie, spécialités du Nord et poissons frais. Puis c’est sous un ciel gris menaçant que nous partis nous balader.

Nous souhaitions monter au somment du beffroi Saint-Eloi mais c’était fermé. C’est marrant, je ne suis jamais allée là-haut, on prend finalement toujours moins le temps de visiter sa propre région. Mais les choses changent, depuis peu avec mon père et ma belle-mère dès que je viens nous prenons un vrai plaisir à aller ici et là pour (re)découvrir tous les lieux superbes du Nord de la France et de la Côte d’Opale. Les beffrois sont des monuments emblématiques de la région, celui-ci était à l’origine le clocher de l’église Saint-Eloi qui fut détruite puis reconstruite un peu plus loin. Ils servaient et servent toujours de points d’amer et s’ils ne sont plus lieux de guet ils sont souvent ouverts au public pour faire profiter d’une vue exceptionnelle.

L’église Saint-Eloi aussi était fermée. Sa longue période de reconstruction a permis un mélange de styles qui la rend unique, en plus d’être superbe. Et puis c’est en son cœur que repose notre corsaire préféré Jean Bart !

Un peu plus loin se trouve l’imposant Hôtel de ville réalisé par Louis Cordonnier, l’un des plus grands architectes du Nord (fils et père d’architectes). On lui doit entre autres le Palais de la Bourse, la Chambre de Commerce et l’Opéra de Lille, les beffrois de Bailleul et d’Armentières, les églises de Béthune, Melville et Waziers, la basilique de Lisieux, les Grands bureaux des Mines de Lens, et les villas d’Hardelot-plage.

Derrière la mairie, se trouve la place du Minck avec la tour du Leughenaer, le plus ancien édifice de la ville. Son nom flamand signifie la tour des menteurs, la légende dit que l’ajout de son phare au 19e s. avait pour fonction de tromper les embarcations et de les faire échouer. Malin. Nous arrivons alors sur le port de plaisance. J’aime bien visiter et passer du temps dans les ports, mais tous ne se valent pas, je ne suis par exemple pas sensible à ceux accueillants yachts et autres embarcations luxueuses ou ensoleillées. Ici je me sens bien, et sa partie industrielle située un peu plus loin, m’est encore plus agréable. On a longé les péniches en imaginant les voyages et les vies de leurs propriétaires, l’ancien entrepôt des tabacs abritant le Musée portuaire devant lequel sont amarrés trois bateaux visitables : la péniche Guilde témoignage du rôle de la batellerie, le bateau-feu Sandettié qui indiquait aux navires la présence de bancs de sable, et le superbe trois mats Duchesse Anne. C’est un des emblèmes de la ville, à l’origine voilier-école allemand, il a oublié dans un port breton et remorqué à Dunkerque en 1981 pour être rénové et devenir accessible au public. Et aperçu la Halle aux Sucres devenu lieu culturel et espace de co-working.

Et puis il y a ce bâtiment que j’ai toujours aimé, qui m’a toujours impressionné, celui de la Communauté urbaine. Alors quand l’amoureux a exprimé un attrait similaire et l’envie de visite intérieure, je me suis dit qu’on s’était vraiment bien trouvé.

Le ciel devenant menaçant, nous sommes partis à Malo-les-Bains. Même après un bon déjeuner, on espérait un peu que ce temps gris et froid se maintienne pour devoir se réfugier dans un café et commander une gaufre + un thé (ou un Irish coffee).

Premier arrêt du côté des blockhaus (ou bunkers ou casemates). Vestiges de la 2nde guerre mondiale, ils font partie intégrante du littoral. La plupart sont accessibles librement, beaucoup ont été graffés, abimés ou embellis à l’image de celui entièrement recouvert de morceaux de miroirs par un anonyme. Faces à la mer, certains invitent à s’y réfugier pour contempler l’horizon. On ne peut qu’imaginer toutes les conversations, faits et actes qui ont été en leurs murs et qui le seront encore. Et puis c’est si photogénique.

Le vent se lève. Café ?

Sur la digue de Malo, les jolis cabanons sont sortis. A rayures bleues ou façon arc-en-ciel, ou avec des personnages-motifs évoquant la mer, la plage, les vacances… Certains sont même aménagées par leurs locataires pour siester, déjeuner, boire un café (ou l’apéro)…

D’un côté il y a la mer, magnifique quelque soit le temps qu’il fait, et de l’autre des maisons dont l’architecture varie entre années 20 et 50. Ma préférée, de style Art Nouveau, est coiffée d’une structure en forme de petite meringue et abrite un glacier « à l’Américaine » ! Mais c’est sur une maison à la façade de carrelage jaune que nous avons projeté des envies d’aménagement et de quotidien. Située entre la place Turenne et la plage, on se dit qu’on sera moins ennuyés par le sable, les embruns sur les vitres, et les promeneurs. Mais comme elle n’est pas à vend et qu’on ne prévoit pas de s’installer ici, on repassera plus tard.

Le temps d’un thé et d’une dégustation de gaufre liégeoise pour lui et d’une crêpe-boule de glace café pour moi (la meilleure adresse est ici), le soleil a pris place. C’est une autre ambiance.

C’est fou cette émotion si intense qui me submerge à chaque fois que je viens ici. C’est d’ailleurs un passage nécessaire quand je rentre. J’ai besoin de venir ici. L’odeur, l’atmosphère, l’architecture, les restaurants-cafés-glaciers, le poste de secours couleur turquoise que j’aime tant. Je ressens toujours une certaine émotion, un certain bien-être quand je suis en bord de mer et d’océan, à condition que ce soit dans un environnement « nordique », je ne sais pas comment le dire autrement. Disons que la Méditerranée ou les plages de sables chauds ne me font pas le même effet. Mais de manière générale, j’ai quand même de vivre près de l’eau, et jusqu’à présent j’ai toujours eu cette chance. De l’eau, des bateaux, des péniches et une ambiance industrielle.

Déjà 18h30, on décide de rentrer doucement et d’aller partager-déguster un bon vin.
Je suis heureuse de lui avoir fait découvrir ces lieux qui me sont chers, ces endroits où j’ai grandi et où je me sens bien. Là où aujourd’hui je ressens l’envie et le besoin de revenir plus souvent. Je suis heureuse que ça lui plaise (après notre séjour à Bruxelles je savais qu’il aimerait). La prochaine fois, j’aimerais que nous allions à Lille, Lens, Roubaix et autres villes flamandes. Visiter les musées, les beffrois, les grand’ places, les monuments, photographier les bâtiments et maisons, profiter de la gastronomie locale….

Pour en savoir plus sur Dunkerque et ses alentours.

Prochain article : journée vers les Deux Caps.

 

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